Il était une fois...

Publié le par Pilisi

.... Un nouveau curé vient  d'être affecté le 27 juillet à 

l’église Sainte-Thérèse de Léojac

 

 

Il s’agit de l’abbé Garibaud, né le 6 octobre 1872 à Vazerac d’une famille paysanne du Tarn-et-Garonne, qui prend possession de la paroisse et de son église. Il ne s’agit pas de celle décrite plus haut.

 


A cette époque, le curé de paroisse a entre ses mains une modeste église, dédiée à Saint-Symphorien. Cette dernière construite bien antérieurement à l’église des Farguettes a eu une histoire tumultueuse que nous ne développerons pas. Brièvement, elle fut détruite par les protestants en 1561 avant d’être restaurée au XVIIe siècle. L’abbé Garibaud, homme entreprenant et de caractère, s’est déjà fait remarqué dans la presse. Il dirige, en effet, une revue diocésaine : L’Almanach Catholique.



On ne saurait être surpris que l’église qu’il lui est confiée, ne le satisfasse. Sa description dans L’Almanach est apocalyptique : " l’église paroissiale située dans un bas-fond humide et malsain, avec ses murs bas et crevassés, sans chapelle latérale, est un des moindres de la région montalbanaise. Elle ne reçoit la lumière que d’un côté, par des fenêtres étroites, avec son plafond bas et délabré, le gris de ses murs vétustes, elle constitue la demeure trop indigne du Maître de la Terre et des Cieux… ". L’homme a des talents de communication. Le journal La Croix dans son édition du 28 janvier 1928 reprend, accompagné cette fois-ci de photographies, les desiderata de l’abbé.



Dans cette campagne menée de main de maître par l’abbé, il y a tout de même quelque chose d

e troublant la rapidité avec laquelle il fait le constat de vétusté de l’ancienne église. Seulement quatre mois se sont écoulés entre son affectation et son premier article catastrophiste. On s’étonnera tout de même de cet état de fait qui fait dire à Marcel Maurières qui a consacré une étude à cette histoire : " En à peine 4 mois, il a donc dresse le constat de l’église actuelle, sensibilisé les paroissiens, créé un comité, dressé les projets d’une nouvelle construction et évalué le coût.



Il était dynamique, certes, mais quand même ! Ne peut-on imaginer que ces projets étaient, dans l’esprit de l’abbé Garibaud, bien antérieurs à sa nomination ici ? ". Plus mystérieux encore est la manière dont l’abbé prend possession du terrain où il veut voir s’édifier son église. En effet en 1931, las d’attendre sa hiérarchie et peut-être aussi fatigué des railleries dont il est l’objet, il rassemble le village et " trace à la charrue, en pleine terre, le contour de la basilique, bénit le lieu et n’eut de cesse qu’une grande croix faite avec deux sapins ne s’élève à l’emplacement du chœur. Alors il sut que rien ne pourrait arrêter l’œuvre " écrit le confident de l’abbé, Gaston Bonheur.



En effet, le terrain choisit par l’abbé n’appartient pas au diocèse, c’est un terrain privé. Ce n’est d’ailleurs qu’en 1946, que pour une somme de 10.000 F, le terrain est acquis par le diocèse alors que les travaux de l’église étaient déjà bien avancés ! Ce n’est qu’en 1936 que le projet prend réellement forme avec une décision de l’évêque de Montauban, Mgr Durand qui provoque un concours d’architectes pour l’édification de ce bâtiment. C’est le projet de Pierre Moure, architecte à Montauban qui est retenu, l’abbé semble avoir obtenu satisfaction. Pourtant les difficultés ne tardent pas à se faire jour. Une année passe et la construction n’est toujours pas commencée.



L’argent manque, le projet est pharaonique pour la petite paroisse. Estimé au départ à 400.000 F., le chiffre définitif annoncé cette année là est désormais de 1.200.000 F. Mais rien ne peut aux yeux de l’abbé empêcher son édification. Les paroissiens sont donc largement sollicités financièrement mais aussi physiquement. Ce sont eux qui creusent les solides et profondes fondations (1.50m de profondeur et 2.5 m pour le clocher).



Mais le dévouement des paysans de la paroisse ne suffit pas à terminer l’imposante bâtisse qui culmine à 36 mètres avec son clocher. Les fonds manquent et c’est bien le nerf de la guerre qui met à mal la finalité du projet. L’abbé ne manque pourtant pas d’initiative pour combler le déficit. Il organise une véritable agit-prop pour collecter des fonds. Ne fait-il pas réaliser un film qu’il présente dans de nombreuses paroisses du département ? Il innove avec les moyens de l’époque faisant avant l’heure du marketing. Il expédie, avec l’aide de ses " ouailles", dans toutes les paroisses de France et à l’étranger des lettres pour lui venir en aide financièrement. Il n’hésite pas à vendre tout un tas de produit, nous dirions dérivé, pour accomplir son œuvre : cartes postales, calendriers, broches, colliers, des timbres-postes, etc.



Mais rien n’y fait, malgré un sens aigu de l’entreprise et de l’initiative, les moyens de l’époque ou les mentalités ne suffisent pas à endiguer l’hémorragie. Les travaux s’arrêtent donc en août 1938. La mobilisation un an plus tard et la guerre mettent un terme aux potentielles collectes. A la Libération, le projet est même définitivement abandonné sur injonction de Mgr Théas. L’abbé doit abandonner sa cure, il a tout de même 72 ans, et se retire à la maison de retraite de Montbeton où il décède le 2 février 1950 sans être parvenu à inaugurer sa " basilique ". 


 

Pâques 003


L’église des Farguettes, souvent qualifiée pour ses dimensions exceptionnelles de " basilique ", n’a cessé d’intriguer le passant. Entreprise d’une homme d’église qui eut la folie des grandeurs, ce bâtiment, laissé plus de 60 ans à l’abandon, est aujourd’hui remis à l’honneur. L’association " Mû-temps " avait choisi, en effet, ce lieu insolite et chargé d’histoire pour mettre en place une exposition de sculptures.

Combien d’automobilistes ou de cyclistes empruntant pour la première fois la route départementale 70 conduisant de Montauban à Léojac se sont arrêtées, perplexes, sur le plateau des Farguettes. De loin, on aperçoit une imposante ossature de béton. Un ambitieux bâtiment s’ouvre sous les yeux du curieux. 

 

Publié dans Visite touristique

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Nicolas 12/04/2010 05:58



 


Salut,


Votre blog est plutôt sympa je vous rend visite afin de vous montrer une de mes réalisations sur le mont Mc Kinley.


http://www.nicolaslizier.com/article-mont-mc-kinley---alaska-41674197.html


Qu'est-ce que vous en pensez ?


Bonne continuation à vous dans vos projets.


Nicolas graphiste